L'essentiel
- Artémis III vise un alunissage au pôle sud lunaire, où se trouvent des réserves de glace d'eau.
- La mission dépend de Starship comme véhicule d'alunissage et d'Orion pour le voyage Terre-Lune.
- Le calendrier a été repoussé 4 fois depuis 2021 — la date officielle est désormais 2027.
- L'ESA fournit le module de service d'Orion, créant une interdépendance européenne sur la mission.
Pourquoi le pôle sud, et pas la mer de la Tranquillité
Apollo 11 a atterri dans la mer de la Tranquillité parce que c'était plat, éclairé et relativement sûr. Artémis III cible le pôle sud pour une raison scientifique et stratégique : des sondes orbitales ont confirmé la présence de glace d'eau dans les cratères permanemment dans l'ombre.
Cette glace est potentiellement utilisable comme eau potable, comme bouclier contre les radiations cosmiques, et surtout comme source d'hydrogène et d'oxygène — les composants du propergol pour les missions plus lointaines. Qui contrôle l'eau lunaire contrôle les "stations-service" de l'espace cislunar.
La complexité opérationnelle inédite d'Artémis III
Apollo était complexe. Artémis est d'une complexité d'un ordre de magnitude supérieure. La mission implique l'assemblage orbital de plusieurs éléments : le lanceur SLS envoie la capsule Orion vers la Lune, Starship attend en orbite basse lunaire après un ravitaillement en carburant par un autre Starship, les astronautes effectuent une sortie extravéhiculaire entre Orion et Starship en orbite lunaire, puis descendent.
Chaque étape de cette chorégraphie doit fonctionner parfaitement. Il n'y a pas de mission de sauvetage possible depuis la surface lunaire.
"Artémis, c'est Apollo sur fond de Netflix : plus ambitieux, plus complexe, avec plus de partenaires — et une pression d'audience internationale bien plus forte."
L'Europe dans Artémis : un partenariat stratégique
L'Agence spatiale européenne (ESA) fournit le Module de Service Européen (ESM) d'Orion — le "moteur" de la capsule qui assure propulsion, électricité et eau pour les astronautes. Sans l'ESM européen, pas d'Artémis. Ce partenariat donne à l'Europe un rôle structurel, et en échange, des astronautes de l'ESA seront inclus dans les missions Artémis IV et V.
Ce que 50 ans sans présence humaine sur la Lune ont changé
En 1972, les astronautes d'Apollo 17 quittaient la Lune. Depuis, seuls des robots y sont allés. En 50 ans, la technologie a radicalement changé — mais pas toujours dans le sens qu'on croit. Nous avons perdu le savoir-faire opérationnel de l'atterrissage lunaire habité. Personne en vie n'a jamais posé un vaisseau sur la Lune. Les procédures d'urgence, les réflexes d'équipage, la gestion du stress en conditions extrêmes — tout est à réapprendre.